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Témoignages de professeur(e)s qui utilisent la classe inversée

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Le modèle de classe inversée est aujourd’hui utilisé par des dizaines de milliers de professeur(e)s dans le monde entier et certaines écoles s’y sont même entièrement converties. Grâce à l’ampleur prise par le mouvement durant ces dernières années, nous avons désormais le recul nécessaire pour apprécier les résultats et les défis de ce modèle. De nombreuses discussions ont lieu chaque jour, via des blogues personnels d’enseignant(e)s en poste dans les écoles et les retours d’expériences sont riches en surprises, en conseils et en anecdotes.

Voici quelques exemples de retours de professeur(e)s travaillant dans les institutions collégiales:

  • Depuis quelques années maintenant, une enseignante de mathématiques et 3 enseignants de biologie du cégep de Lévis-Lauzon pratiquent  la classe inversée. Pour eux, c’est un vrai gain pour l’apprentissage des étudiants. En effet, ceux-ci semblent bien plus préparés grâce au travail qu’ils et elles réalisent à la maison avant d’arriver en classe:

« […] je peux pousser plus loin la matière puisque celle-ci est mieux intégrée à la maison. J’arrive avec des problèmes plus complexes à résoudre. », Patrice Babeux (professeur de biologie au cégep de Lévis-Lauzon)

«  […] je travaille mieux avec mes étudiants lorsque la base est déjà acquise. », Annie Turcotte (professeure de mathématiques au cégep de Lévis-Lauzon)

 

De façon intéressante, il semble aussi que cette approche par pédagogie inversée stimule plus les étudiant(e)s à s’investir dans leur cours et à accepter leurs responsabilités scolaires:

« Je suis tombée à terre de voir que la vaste majorité des étudiants se préparent avant les cours. », Dave Bélanger (professeur de biologie au cégep de Lévis-Lauzon)

« Le visionnement des capsules s’accompagne de la réalisation de schémas à remettre en classe. Et ce n’est pas rare qu’ils soient tous remis sur mon bureau. », Yannick Côté (professeur de biologie au cégep de Lévis-Lauzon)

 

  • Cette approche permet notamment de renforcer le développement de l’autonomie des étudiant(e)s au collégial, un point très important pour ces jeunes adultes qui seront amenés à devoir se débrouiller seuls au cours de leur future carrière universitaire ou professionnelle. Christian Drouin, un des pionniers au Québec dans le domaine de la classe inversée, explique d’ailleurs dans ce sens que:

 

« Un des gros avantages [de la classe inversée] est que ça oblige les étudiants à se préparer toutes les semaines, ils sont beaucoup moins dernière minute. », Christian Drouin (professeur de chimie au cégep de Maisonneuve à Montréal)

 

Par contre, cet enseignant précise aussi que tous les étudiant(e)s ne sont pas toutes et tous « égaux » face à l’engouement et à la nouveauté qui découlent de cette approche:

 

« […] s’ils omettent de se familiariser avec la matière à la maison, les étudiant(e)s sont nécessairement à la remorque des autres en classe […]. Ce n’est pas nécessairement tout le monde qui «embarque» dans cette façon de faire. », Christian Drouin (professeur de chimie au cégep de Maisonneuve à Montréal).

 

De plus, il est important de noter que la classe inversée n’est pas le « Saint Graal » tant recherché par une partie de la population en matière d’enseignement et qui permettrait, selon ceux-ci un apprentissage efficace et optimal mais plutôt comme un outil qui aiderait l’enseignant(e) à atteindre ses élèves d’une manière différente, notamment celles et ceux qui auraient tendance à décrocher plus rapidement dans un contexte de classe plus traditionnelle. Il est donc très important, en tant qu’enseignant(e), d’insérer cette approche de pédagogie inversée dans une variété de stratégies d’enseignement. Christian Drouin l’explique d’ailleurs très bien ici:

 

« Quand on utilise une seule méthode, les étudiants décrochent […]. Il est nécessaire de diversifier l’enseignement afin de l’adapter aux différentes situations. Par exemple, on ne peut pas demander aux étudiants d’assimiler de la nouvelle matière alors qu’ils sortent d’un examen. », Christian Drouin (professeur de chimie au cégep de Maisonneuve à Montréal.

 

  • Régulièrement, les plus sceptiques d’entre nous posent la question: « Oui, c’est bien beau tout ça, mais en termes de résultats, ça donne quoi? ». À l’heure actuelle, le recul que nous avons permet seulement de constater une amélioration dans la motivation des étudiant(e)s dans leur travail. La disponibilité de résultats solides réalisés dans le cadre d’études scientifiques sur ce sujet est encore assez limitée… Néanmoins, certain(e)s enseignant(e)s peuvent, en raison de leur nombre d’années de pratique en mode « classe inversée », commencer à voir quelques améliorations intéressantes au niveau des résultats obtenus par leurs étudiant(e)s:

 

« […] on peut observer une tendance selon laquelle les étudiants de la cohorte de 2012 ont eu de meilleurs résultats lors des évaluations et ont réussi le cours en plus grand nombre. », Dave Bélanger (professeur de biologie au cégep de Lévis-Lauzon)

 

  • Bien évidemment, nous ne pourrons que le répéter, passer en mode « classe inversée » demande et demandera toujours beaucoup de travail et d’investissement, très souvent pris sur son temps personnel, comme en témoignent 2 enseignant(e)s en biologie du cégep de Limoilou:

 

« Le bilan nous parait positif, mais – il y a toujours un mais – la part de travail de l’enseignant est énorme. Au départ, nous n’avions pas de libération pour développer les outils nécessaires à la classe inversée et l’investissement a été très important. », Isabelle Picard et Alexandre Deschambeault (enseignant(e)s de biologie, cégep de Limoilou).

 

Néanmoins, l’approche en co-enseignement développée par ces 2 enseignant(e)s permettrait, avec une très bonne coopération entre collègues, en groupe de 2 ou plus, de soulager chacun et chacune de la part de travail à effectuer pour mettre en place cette méthode d’enseignement. Une belle idée sur laquelle réfléchir ensemble en Département et réussir, pourquoi pas, à faire embarquer ses collègues dans un beau projet de collaboration départementale! 🙂

 

Bien d’autres initiatives québécoises au collégial en lien avec la classe inversée existent et nous ne pourrons bien évidemment pas rapporter le travail de tout le monde ici de façon exhaustive. Néanmoins, voici une liste de noms de quelques autres personnes très impliquées dans ce domaine:

  • Nathaniel Lasry, Michael Dugdale et Elizabeth S. Charles, enseignant(e)s en physique au cégep John-Abbott et au collège Dawson à Montréal (article paru en 2014 dans la revue Pédagogie Collégiale);
  • Samuel Bernard, enseignant en mathématiques (blogue personnel);
  • Marie-Ève Drouin, enseignante en économie (article Actua@litic publié en 2013);
  • Jacques Lecavalier, en littérature (livre rédigé par M. Lecavalier et Mme Richard);
  • Johanne Morin, (article publié en 2014 sur le site Profweb).

 

En espérant que cela puisse, si ce n’est vous convaincre de l’intérêt de passer à la pédagogie inversée dès maintenant, au moins vous motiver à vous y intéresser un peu plus! 🙂

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